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Politique de la SCH sur les critères d'exclusion du VIH-O en Afrique


ANALYSE DES ENJEUX : EXCLUSION DES DONNEURS AYANT SÉJOURNÉ OU  VOYAGÉ EN AFRIQUE DEPUIS 1977

ENJEUX
Exclusion des donneurs ayant vécu ou séjourné dans certains pays d’Afrique (Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo, Guinée équatoriale, Gabon, Niger ou Nigeria) depuis 1977 et de leurs partenaires sexuels.

CONTEXTE : SCÈNE INTERNATIONALE
Le fait d’avoir vécu ou voyagé en Afrique n’était pas une raison d’exclure des donneurs  jusqu'au milieu des années 1990. À cette époque, une nouvelle souche du VIH (appelée VIH groupe O, pour outlier) a émergé dans le centre de l’Afrique. Depuis, deux cas ont été recensés aux États-Unis; aucun au Canada. Comme les trousses de dépistage du VIH n’avaient pas été validées pour cette souche, la Food and Drug Administration (FDA) a commencé à exclure les donneurs qui ont séjourné ou voyagé dans ces pays d’Afrique. Santé Canada a fait de même.

En date de 2009, les fournisseurs de trousses de dépistage avaient démontré que leurs trousses permettaient de détecter efficacement toutes les souches connues de VIH. La FDA a émis une « directive finale » permettant aux agences responsables du sang et des produits sanguins qui utilisent un test de laboratoire approuvé pour le dépistage du VIH de groupe O de retirer de leur questionnaire les questions liées au risque de transmission de cette souche du VIH. Les questions concernant certains pays d’origine africains spécifiques ont été abandonnées. La France a fait de même.

Dans les pays où les questions ont été abandonnées (É.-U. et France), on n’a signalé aucun cas de transmission du VIH par le sang dû à des souches de VIH non détectées.

Ces pays n’ont pas publié d’études sur les taux d’infections transmissibles par les transfusions (ITT) provenant de donneurs originaires de pays auparavant exclus en raison du VIH de groupe O.


CONTEXTE : CANADA
Malgré le fait qu'au Canada des tests sont autorisés pour le dépistage du VIH de groupe O, Santé Canada a tardé à suivre les mesures adoptées par la FDA.

La question 31 du dossier de donneurs de la SCS demande :
  1. Êtes-vous né(e) ou avez-vous habité en Afrique entre 1977 et aujourd’hui?
  2. Depuis 1977, avez-vous reçu une transfusion ou des produits sanguins en Afrique?
  3. Avez-vous eu une relation sexuelle avec une personne qui est née ou a habité en Afrique entre 1977 et aujourd’hui?
À noter : Si des donneurs potentiels répondent « oui », on pose d’autres questions au sujet de pays spécifiques.

La question 20 du dossier de don de sang d’Héma-Québec demande :
  1. Êtes-vous né(e) ou avez-vous habité depuis 1977 dans un des pays suivants : Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo, Guinée équatoriale, Gabon, Niger ou Nigéria?
  2. Si vous avez voyagé dans un de ces pays depuis 1977, avez-vous reçu une transfusion sanguine ou tout autre traitement médical comportant un produit dérivé du sang?
  3. Avez-vous eu des relations sexuelles avec une personne qui est née ou qui a habité depuis 1977 dans un de ces pays?
Ceux qui répondent « oui » à ces questions sont exclus de manière permanente.

Héma-Québec et la SCS ont demandé à Santé Canada d’abandonner l’exclusion dans le cas du VIH de groupe O. Santé Canada a récemment consenti à l’abandon de cette question. Toutefois, Santé Canada a indiqué qu’elle avait l’intention d’exiger que les partenaires sexuels des personnes ayant voyagé en Afrique continuent d’être exclus 12 mois après le dernier contact sexuel. Santé Canada a été incapable d’expliquer la logique de cette décision de manière satisfaisante.

Les gens qui ont vécu ou voyagé dans certains pays de l’Afrique centrale continueraient néanmoins d’être exclus pendant 12 mois après leur retour puisque tous ces pays sont affligés de paludisme endémique. (L’exclusion est de 12 mois pour les personnes qui ont visité des pays où le paludisme est endémique.) Cela couvre efficacement la fenêtre sérologique pour le VIH.

L’abandon de ces questions permettrait de faire face à la demande croissante pour du sang phénotypé à l’intention des patients atteints d’anémie falciforme et de prévenir ainsi l’allo-immunisation chez des patients multitransfusés atteints de cette maladie. S’il n’y a pas pénurie de globules rouges, il y a pénurie de globules rouges phénotypés pour ce groupe de patients en particulier. Le problème est particulièrement aigu au Québec, où les besoins pour ces types de phénotypes sanguins sont plus grands. Un nombre important d’immigrants récents viennent de pays de l’Afrique centrale où on parle français.

Ni Héma-Québec ni la SCS n’ont appliqué le changement proposé par Santé Canada puisqu’ils sont incapables d’expliquer aux donneurs pour quelle raison la personne qui a vécu dans ces pays d’Afrique centrale ne serait pas exclue tandis que leurs partenaires sexuels le seraient. Dans la pratique, cela pourrait signifier que deux personnes célibataires auraient le droit de faire des dons, mais que si elles étaient mariées, elles seraient exclues.
Le risque extrêmement faible posé par le VIH chez les donneurs de sang provenant de ces pays d’Afrique (fenêtre sérologique, échec des tests ou erreurs de manipulation) doit être mis dans la balance avec le risque réel de se priver d’un approvisionnement adéquat de sang phénotypé pour les personnes atteintes d’anémie falciforme.

Le Comité consultatif des représentants des receveurs de la Société de l’anémie falciforme du Québec a demandé que l’on abandonne ces questions. Lors de sa dernière réunion, en juin, le Réseau d’associations vouées aux troubles sanguins rares a recommandé que chaque association membre envisage d’écrire à Santé Canada pour l’enjoindre d’abandonner ces questions d’exclusion concernant l’Afrique et le VIH. L’exclusion concernant le paludisme demeurerait.

Héma-Québec et la Société canadienne du sang et approuvent l’abandon de l’exclusion.

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Politique de la Société canadienne de l’hémophilie sur l’exclusion de donneurs
ayant vécu ou voyagé en Afrique depuis 1977


Attendu que l’efficacité des tests actuels pour le dépistage de toutes les souches connues de VIH est prouvée;

Attendu que des avantages sont associés à un approvisionnement adéquat en sang phénotypé provenant de donneurs de race noire pour les patients atteints d’anémie falciforme;

Attendu qu'une période d’exclusion de 12 mois consécutifs est prévue pour les donneurs de sang qui ont vécu ou voyagé dans certains pays d’Afrique centrale en raison du risque de paludisme;

Il est proposé que la Société canadienne de l’hémophilie recommande à Santé Canada d’abandonner l’exclusion concernant le VIH chez les personnes ayant vécu ou voyagé dans certains pays d’Afrique, tout comme l’exclusion de leurs partenaires sexuels.

Adopté par le Conseil d’administration de la SCH, le 20 septembre 2012

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