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Héma-Québec - 9 octobre 2008






COMMÉMORATION DE LA TRAGÉDIE DU SANG CONTAMINÉ - Héma-Québec et la Société canadienne de l’hémophilie se souviennent… et portent un regard vigilant vers l’avenir



Monsieur le Ministre de la Santé et des Services sociaux,
Madame la présidente et chef de la direction d’Héma-Québec,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord, au nom de la Société canadienne de l’hémophilie, de remercier Héma-Québec d’avoir accepté de rendre hommage aux victimes de la tragédie du sang contaminé des années 1980, l’une des période les plus sombres de l’histoire médicale au Canada. Cette commémoration s’inscrit quelque 25 ans après les faits, 11 ans après le dépôt du rapport Krever sur l’approvisionnement en sang au Canada et 10 ans après la création d’Héma-Québec et du Système du sang québécois.

En plantant cet « arbre de vie » en collaboration avec la Société canadienne de l’hémophilie, Héma-Québec pose un geste concret visant à s’assurer que nous n’oublierons jamais les personnes qui sont décédées après avoir contracté le VIH et/ou le virus de l’hépatite C. Le geste vise aussi à saluer le courage et la détermination des personnes qui vivent avec l’un de ces virus, ou les deux à la fois, tout comme moi, dans certains cas depuis plus de 20 ans.

L’arbre est un puissant symbole : de par ses racines qui s’enfoncent profondément dans le sol, il s’accroche à cette terre avec force. Son tronc est synonyme de solidité, de détermination. Ses branches s’élèvent vers le ciel en guise d’espoir, et son tout est signe de longévité, de pérennité.

Comme chacun le sait, les produits sanguins qui ont été administrés aux hémophiles pour calmer leur souffrance et qui étaient censés améliorer leur qualité de vie ont, dans bien des cas, empiré les choses en leur transmettant des agents infectieux potentiellement mortels : soit le VIH et le VHC.

Les hémophiles se sont sentis trahis par ceux qui géraient le Système d’approvisionnement en sang et à qui ils faisaient confiance pour leur fournir des produits sûrs et efficaces.


          

Nous avons perdu plusieurs êtres chers au cours de ces deux décennies, des pertes de vie qui auraient pu être évitées. Parmi elles, je pense entre autres à ces deux jeunes frères hémophiles âgés d’à peine 14 et 16 ans, morts à deux ans d’intervalle à la fin des années 1990. Leur père, dans l’espoir de trouver un certain réconfort, même 10 ans plus tard, a, tout comme nous aujourd’hui, planté un arbre en mémoire de ses deux garçons sur le lieu même de leur dernier repos sur les côtes acadiennes.

Je pense aussi à deux de mes amis, des bénévoles impliqués au sein de notre association au Québec, qui sont décédés à quelques mois d’intervalle à la fin de 2005 et au début de 2006. Comme je le disais, des pertes de vie qui auraient pu être évitées.
Heureusement, les divers intervenants dans le système d’approvisionnement en sang ont appris des erreurs du passé pour faire en sorte que jamais cela ne se reproduise.

Avec le résultat qu’aujourd’hui, nous pouvons tous compter sur un Système du sang amélioré et sur un approvisionnement en produits sanguins beaucoup plus sécuritaires.

La création d’Héma-Québec et de ses divers comités, la mise en place du Comité d’hémovigilance ainsi que l’entrée en scène de tous les autres acteurs ont contribué à ce que l’ensemble des utilisateurs de sang ou de produits sanguins puissent maintenant compter sur l’un des meilleurs systèmes du sang au monde. Plusieurs membres de la Société canadienne de l’hémophilie font d’ailleurs partie de certains de ces comités en vue d’apporter leur contribution au Système.

Les Québécois et Québécoises peuvent de nouveau avoir confiance.

De plus, selon le Bulletin 2005-2007 du système canadien d’approvisionnement en sang au Canada publié par la Société canadienne de l’hémophilie l’an dernier, soit 10 ans après le dépôt du rapport Krever, les acteurs du Système du sang québécois se voyaient attribués de bonnes notes pour les diverses rubriques citées; notamment Héma-Québec en ce qui a trait à son engagement envers l’approvisionnement suffisant et la sûreté des produits sanguins, le gouvernement du Québec pour la qualité de son système d’hémovigilance, et l’ensemble des intervenants, pour leur ouverture et leur transparence.

Seul bémol, la première recommandation du rapport Krever, soit la mise en place d’un régime d’indemnisation sans égard à la faute, n’est pas encore respectée. À cet effet, on peut cependant souligner les efforts consentis par le gouvernement du Québec récemment pour faire adopter ce projet de loi. La Société canadienne de l’hémophilie espère fortement son adoption dans un avenir rapproché.

Enfin, la Société canadienne de l’hémophilie tient à profiter de cette tribune pour souligner la compassion et l’appui que les Québécois et les Canadiens ont manifesté à l’endroit des nombreuses victimes décédées par le biais du sang contaminé et à l’endroit de celles qui sont encore vivantes. Cette compassion s’est matérialisé sous forme d’indemnités compensatoires de la part des gouvernements fédéral et provinciaux, en vue d’améliorer la qualité de vie des victimes et de leur famille. Celles-ci leur en sont reconnaissantes, bien qu’un règlement final concernant l’indexation de ces indemnités n’ait pas encore été conclu, ce qui permettrait pourtant aux victimes québécoises et à leur famille de tourner définitivement la page. En ce sens, nous travaillons présentement avec tous les intervenants dans ce dossier et nous espérons qu’avec l’aide du ministre Bolduc, nous arrivions bientôt à le conclure.

En mémoire des victimes…

Merci de votre attention


- François Laroche, président de la Société canadienne de l'hémophilie - Section Québec