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Diagnostic

Faut-il passer un test ?

Si l'une ou l'autre des activités jugées à risque élevé énumérées précédemment s’applique à vous, vous devriez subir un test. Le test est aussi conseillé si vous vous êtes adonné à l'une ou l'autre des activités jugées à risque faible ou si vous croyez avoir été exposé au sang d'une personne infectée par le VHC. Si vous utilisez régulièrement du concentré de facteur (recombinant ou dérivé du plasma), il est normal de subir un test une fois l’an.

Si vous pensez avoir pu être infecté par le virus de l'hépatite C, mais que vous restez dans l’ignorance de votre statut, vous êtes désavantagé. Si, aucontraire, vous passez le test et qu’il se révèle positif, vous serez en mesure de faire des choix constructifs, comme :

  • Vous renseigner sur l'étendue de votre maladie du foie en parlant des résultats de votre test avec votre médecin.
  • Envisager un traitement précoce.
  • Prendre les précautions non seulement pour prévenir la propagation du virus, mais également pour vous protéger d'une réinfection par un génotype différent du VHC.
  • Vous faire vacciner contre l'hépatite A et l'hépatite B. Ces virus peuvent aggraver la maladie causée par le virus de l'hépatite C. Un vaccin anti-grippal et un vaccin contre la pneumonie sont également préconisés. (Votre CLSC ou centre de santé communautaire pourrait vous offrir un ou plusieurs de ces vaccins gratuitement.)
  • Surveiller étroitement la progression de l'infection afin de déceler sans retard tout problème hépatique.
  • Vous renseigner davantage sur l'hépatite C et adopter les mesures qui s'imposent sur le plan du mode de vie comme : réduire votre consommation d'alcool, améliorer vos habitudes alimentaires et faire régulièrement de l'exercice.

Comment savoir si je souffre d'hépatite C ?

La seule façon de savoir si vous avez été infecté par le virus de l'hépatite C, c’est de subir un test de dépistage. Il existe plusieurs types d’analyses sanguines permettant chacune de vérifier un aspect différent de l'hépatite C. Les tests les plus importants sont les suivants.


Tests visant à déterminer si vous avez contracté l'hépatite C

1. Dosage des anticorps anti-VHC
Les anticorps sont des protéines fabriquées par les cellules immunitaires d'une personne en réaction à une infection virale ou à la vaccination. Les anticorps circulent dans le sang et persistent en général toute la vie. Le dosage des anticorps permet de déterminer la présence de protéines dirigées contre le VHC et confirme s'il y a eu ou non exposition au virus. Ce test ne permet pas de mesurer le virus lui-même.

NOTE : Étant donné qu'il s’écoule parfois jusqu'à trois mois après l'exposition au virus avant que l'organisme ne développe d’anticorps à son endroit, les résultats des tests peuvent être faussement négatifs pendant cette période. Une personne dont le système immunitaire est affaibli ou dysfonctionnel peut aussi présenter des résultats faussement négatifs parce que son organisme est incapable de fabriquer d’anticorps. Dans ce cas, on a recours à un test du dépistage du VHC proprement dit, qui repose sur l'amplification génique de l'acide nucléique, ou PCR (pour polymerase chain reaction aussi appelé réaction en chaîne de la polymérase).

2. Dosage de l’ARN du VHC (ou test PCR)
Ce test permet de déceler la présence du virus de l'hépatite C en tant que tel dans le sang. C'est un test très sensible qui permet de dépister le virus dans les deux semaines qui suivent l’inoculation. Il existe deux types de dosage de l'ARN du VHC :

a) Qualitatif : Ce test est le plus sensible et confirmera simplement la présence ou l'absence de virus dans le sang. Il sera donc sans ambiguïté positif (le virus est présent) ou négatif (le virus ne peut être décelé).

b) Quantitatif : Ce test mesure la quantité de virus dans le sang (aussi connue sous le nom de charge virale). Le résultat est une valeur numérique habituellement exprimée en nombre de « copies ».

NOTE : Si les résultats sont positifs à l'égard des anticorps anti-VHC et négatifs à l'égard de l'ARN du VHC, cela signifie que vous avez été exposé au virus de l'hépatite C, mais que votre système a éliminé le virus de votre organisme.



Test visant à déterminer si le virus de l'hépatite C est actif

Dosage des enzymes hépatique sériques
Les enzymes fournissent aux cellules l'énergie nécessaire pour qu'elles accomplissent leurs fonctions normales. En général, seules de faibles quantités d'enzymes s'échappent des cellules hépatiques et se retrouvent dans la circulation sanguine. Or, si les cellules du foie sont enflammées, un nombre plus grand d'enzymes passeront dans la circulation sanguine. Les enzymes que l'on mesure habituellement sont : l'aspartate aminotransférase (AST) et l'alanine aminotransférase (ALT). Il est encourageant d'obtenir fois après fois des résultats normaux aux dosages des enzymes hépatiques, mais cela ne signifie pas obligatoirement qu'il n'y a aucune atteinte hépatique. Il est donc recommandé de subir également les tests de fonction hépatique (voir plus bas).

NOTE : D'autres maladies que l’hépatite C peuvent provoquer une élévation des taux d'enzymes (notamment l’AST et l’ALT), notamment les troubles du foie d'origine métabolique, la stéatose hépatique, ou d'autres maladies du foie causées par l'alcool, les drogues ou certains médicaments.



Tests visant à déterminer si le foie est affecté par l'hépatite C

1. Tests de fonction hépatique
Ces tests évaluent la fonction du foie en mesurant les taux de certaines protéines qu’il fabrique, comme l'albumine, les facteurs de la coagulation sanguine (INR) ou les plaquettes, et qu’il excrète, comme la bilirubine (bile).

2. Biopsie hépatique
Une biopsie percutanée permet de prélever un petit échantillon de votre foie à des fins d'analyse (au moyen d'une aiguille à travers la peau). C’est la façon la plus précise d'évaluer le degré d'inflammation ou de cicatrisation (fibrose) et de confirmer la présence de cirrhose. L’analyse du spécimen permet de déterminer le degré d'inflammation et le stade de la fibrose.

a) Inflammation. Graduée selon une échelle de 0 à 4 (plus le chiffre est élevé, plus l'inflammation est grande).

b) Fibrose. Stadifiée selon une échelle de 1 à 4 (plus le nombre est élevé, plus la fibrose est importante, ou stade 4 = cirrhose).

c) Graisses et fer. Il est possible de noter beaucoup d'autres caractéristiques à partir de la biopsie hépatique, y compris la quantité de graisses et de fer contenue dans le foie.

NOTE : En temps normal, chez les personnes atteintes d'hémophilie ou d'un autre trouble hémorragique, on ne tenterait pas la biopsie à cause du risque hémorragique. Mais, dans certains cas, la biopsie s'impose malgré tout. Une personne atteinte d'hémophilie légère peut subir une biopsie standard ; on s'assurera au préalable qu’elle ait reçu du facteur de coagulation. Pour ce qui est de l'hémophilie grave, selon toute probabilité, il faudrait recourir à une biopsie transfémorale ou transjugulaire. S'il y a un saignement, il reflue dans la veine. Pour les gens qui présentent un inhibiteur dirigé contre le concentré de facteur, il faut mettre dans la balance le risque hémorragique accru, qui pourrait constituer une contre-indication absolue.

NOTE : D'autres paramètres permettent de mesurer de façon indirecte la maladie du foie avancée : la baisse du nombre de plaquettes, la splénomégalie (hypertrophie de la rate) ou les signes d'hypertension portale (augmentation de la pression à l'intérieur des veines qui acheminent le sang de l'intestin vers le foie), en sont des exemples. L'imagerie du foie à l'aide d'ultrasons (échographie) ou par tomographie (CT scan) peuvent aussi suggérer la présence de cirrhose.