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Introduction à l'hépatite C

Qu'est-ce que l'hépatite C ?

Le mot hépatite signifie inflammation (enflure) du foie; cette affection peut avoir de nombreuses causes. Une de ces causes, le virus de l'hépatite C, communément appelé VHC, est un virus qui s'attaque au foie et peut entraîner de l’inflammation et la formation de tissu cicatriciel. La phase initiale de l'hépatite C est appelée hépatite C aiguë. Si le virus persiste dans l'organisme plus de six mois, la maladie entre alors dans une phase appelée hépatite C chronique.

Dans certains cas, l'hépatite C peut entraîner la cirrhose (maladie caractérisée par le remplacement progressif des cellules saines du foie par du tissu cicatriciel) qui nuit au bon fonctionnement du foie.

Pour tenter de comprendre ce à quoi peut s’attendre une personne atteinte d'hépatite C, imaginons par exemple un groupe de 100 personnes qui auraient contracté la maladie. Chez une vingtaine d’entre elles, au bout d’un certain temps, même sans traitement, le virus n'est plus décelable dans la circulation. Cela signifie que leur hépatite est guérie. Bon nombre des 80 personnes restantes dans ce groupe fictif passent à la phase chronique de la maladie. Parmi elles, environ le quart (soit jusqu'à 20 personnes) présenteront une maladie progressive qui peut évoluer jusqu’à la cirrhose au bout de 20 ans. Le risque de développer une cirrhose augmente proportionnellement avec la durée de l'infection.

Il faut noter que beaucoup de personnes atteintes de cirrhose continuent de bien se porter. Et parmi ces dernières, un nombre relativement faible présentera éventuellement une insuffisance hépatique ou un cancer du foie (un carcinome hépatocellulaire ou CHC). C’est pourquoi chez les personnes atteintes d'une hépatite C chronique et de cirrhose, on recommande au moins une fois l'an un test de dépistage du CHC au moyen de l’échographie et d’une analyse sanguine qui permet de mesurer le taux d'alpha-fœtoprotéine (protéine fabriquée par les cellules cancéreuses).

Six grands types de VHC, appelés génotypes, ont été identifiés. Les tests de dépistage des génotypes sont importants pour deux raisons. Tout d'abord, certains génotypes répondent mieux au traitement que d'autres ; le traitement est alors de plus courte durée. Ensuite, il est possible d'avoir contracté plus d'un génotype du virus de l’hépatite C si l'on y a été exposé à quelques reprises.

À quel point l'hépatite C est-elle répandue ?

  • L'hépatite C est présente sur tout le globe.
  • Elle est grosso modo deux fois plus répandue chez les hommes que chez les femmes.
  • Environ 250 000 personnes au Canada, ont déjà contracté le virus de l'hépatite C.
  • Près de 5 000 Canadiens contractent l'hépatite C chaque année.
  • Soixante-dix pour cent de toutes les infections par le VHC à survenir au Canada sont dues à l’échange de seringues ou d’aiguilles contaminées. Jusqu'à 80 % des utilisateurs de drogues par injection (intraveineuses) contractent l'hépatite C en l’espace d'un an. Globalement, cette proportion passe à 90 % en cinq ans.
  • Le taux d'infection chez les autochtones et chez les détenus est relativement élevé, phénomène qui inquiète les autorités sanitaires.
  • Les Canadiens atteints d'hémophilie qui ont reçu des produits sanguins avant 1990 présentaient un taux d'infection de 95 %. Ce groupe représente 70 % de l'entière communauté hémophile.

Comment se transmet l'hépatite C ?

L'hépatite C est transmise par contact sanguin direct. Il est impossible de contracter le virus de l'hépatite C par l'air que l'on respire ou par des gestes ordinaires comme les baisers, les poignées de mains ou les étreintes. C'est pourquoi on peut assez facilement classer les situations suivantes selon qu’elles comportent un risque élevé ou risque faible.

Risque élevé
  • Personnes qui ont reçu une transfusion de sang, de produit sanguin, une transplantation d'organe ou de tissu humain avant juin 1990. C’est après juin 1990, que le dépistage du VHC dans le sang et les produits sanguins a débuté au Canada et depuis 1992, ces tests se sont améliorés. Un risque faible persiste encore de nos jours (moins d’une infection par million d'unités de globules rouges, de plaquettes ou de plasma transfusées). Aucun cas de transmission du VHC n’a été signalé par suite de l'utilisation des produits dérivés du plasma actuellement sur le marché, comme les immunoglobulines, l'albumine ou les concentrés de facteur.
  • Partage des aiguilles et des seringues chez les utilisateurs de drogues intraveineuses. Le risque demeure, même si une seule seringue a été échangée et que cela remonte à plusieurs années.
  • Aspiration de cocaïne par le nez et partage de la paille utilisée.
  • Piqûre accidentelle au moyen d'une aiguille ayant déjà été utilisée chez une personne infectée. Chaque piqûre accidentelle comporte un risque d'infection de 1 à 2 %.
  • Hémodialyse à long terme. (Chez les insuffisants rénaux, cette intervention consiste à débarrasser l’organisme des surplus liquidiens et des déchets contenus dans le sang et à réinjecter ensuite le sang nettoyé.) Toutes les personnes sous hémodialyse courent un risque d'infection par le VHC évalué à 10 % en raison de leur exposition à de nombreux produits sanguins. Les risques de contracter le VHC de cette façon sont appelés à diminuer à mesure que les tests de dépistage et que les mesures préventives, comme l'utilisation d'instruments médicaux jetables, s'améliorent.


Risque faible
  • Partage d'objets usuels (rasoirs, limes à ongles, soie dentaire) qui pourraient porter des traces de sang.
  • Perçage corporel à l'aide de matériel contaminé.
  • Tatouage : Le tatouage pourrait éventuellement être considéré comme un facteur de risque important puisqu'il semble que ce soit la seule voie possible de contamination chez un nombre non négligeable de personnes atteintes.
  • Perçage corporel/perçage d'oreilles
  • Acupuncture
  • Électrolyse
  • Activités sexuelles. Le fait d'avoir des relations sexuelles non protégées avec un partenaire infecté par le VHC comporte un risque d'infection inférieur à 5 % au cours de la vie. La présence de plaies ouvertes, d'une maladie transmissible sexuellement, comme l'herpès ou le VIH, augmentent considérablement le risque. Les femmes infectées doivent éviter d'avoir des relations sexuelles non protégées durant leurs règles.
  • Transmission de la mère à l'enfant (transmission verticale). Le risque est d'environ 5 % et passe à 30 % chez les femmes qui présentent une co-infection par le VIH lorsque leur charge virale du VHC est élevée. Rien n'indique que la maladie peut être transmise par le lait maternel, sauf si les mamelons sont fissurés et qu’ils saignent.

Si j'ai déjà l'hépatite C, comment éviter de propager le virus ?

Si vous observez les précautions suivantes, vous réduirez considérablement le risque de propager le virus aux personnes qui pourraient entrer en contact avec votre sang.

  • Avisez le personnel des banques de sperme ou de sang ou d’organes de votre infection par le virus de l'hépatite C si vous prévoyez faire un don.
  • Ne partagez pas le matériel utilisé pour renifler ou s’injecter des drogues.
  • Si vous souffrez d'hémophilie et que vous vous administrez vos perfusions à domicile, jetez soigneusement les aiguilles et les seringues utilisées dans le contenant prévu à cette fin fourni par la clinique d'hémophilie.
  • Ne partagez pas d'objets personnels qui pourraient porter des traces de sang.
  • Évitez les perçages corporels.
  • Avertissez votre partenaire sexuel que vous êtes atteint d'hépatite C.
  • Utilisez un condom de latex lorsque vous avez des relations sexuelles, particulièrement avec une femme qui a ses règles.
  • Parlez à votre médecin si vous envisagez une grossesse.
  • Si du sang s’est répandu, nettoyez-le à l'eau chaude et au savon, puis désinfectez avec une solution d'eau de javel à 10 % (une part d'eau de javel, neuf parts d'eau). Si la tâche de nettoyer revient à quelqu'un d'autre, assurez-vous que la personne porte des gants. Sur une surface sèche, le VHC peut survivre de quelques secondes à quelques minutes. Sur une surface humide, il survivra de quelques minutes à une heure ou plus.
  • Les draps, les serviettes, le linge de maison et les vêtements tachés de sang doivent d'abord être lavés avec de l'eau de javel, à l'eau froide, puis à l'eau chaude.
  • Il faut panser ou couvrir les coupures et les plaies jusqu'à ce qu'elles soient guéries.
  • Placez tous les articles tachés par votre sang (bandages, papiers mouchoirs, tampons, rasoirs) dans un sac de plastique avant de les jeter avec vos ordures ménagères.