L'objectif du traitement est d'éliminer le virus de l'organisme.
Lorsque le virus de l'hépatite C n’est pas décelé dans la circulation sanguine six mois après la fin du traitement, on parle de réponse virale soutenue (RVS). Selon la recherche, le virus reste indécelable pendant de nombreuses années chez la grande majorité des patients qui obtiennent une réponse virale soutenue. Bien des médecins considèrent qu'il s'agit d'une guérison, puisqu'il n'y a aucun signe de la présence du VHC et que l'atteinte hépatique a été enrayée.
Vos chances de parvenir à une réponse virale soutenue augmentent si vous suivez à la lettre votre traitement associatif (voir plus bas) en prenant bien tous les médicaments prescrits au moment voulu. Un facteur joue sur la réponse aux médicaments : le degré de fibrose et d'inflammation déjà présent dans votre foie avant le début du traitement. Même chez les gens qui n'arrivent pas à une RVS, il semble que le traitement puisse ralentir la progression de la maladie.
En général, le traitement est considéré chez les patients dont les taux d'ALT sont élevés (1,5 fois la limite supérieure de la normale) pendant au moins trois mois ET dont la biopsie est positive à l'égard d’une inflammation ou d’une fibrose hépatique. Un certain nombre de facteurs influent par contre sur la décision de traiter le VHC ou non.
Questions à poser :
- Quelles sont mes chances d'obtenir une réponse virale soutenue?
- Quel est le génotype de mon VHC ? Il est important de tenir compte du génotype du HCV que vous avez contracté pour deux raisons. Les chances d'obtenir une réponse virale soutenue varient selon le génotype*. Ce dernier détermine en outre la durée du traitement.
- Est-ce que j’ai déjà un problème de santé qui pourrait se détériorer en raison des effets secondaires du traitement ?
- Est-ce que je suis enceinte ? Est-ce que j'envisage une grossesse. (La ribavirine peut entraîner des anomalies congénitales.)
- Est-ce que mon hépatite C risque de provoquer chez moi des problèmes de santé importants ?
- Est-ce que je suis capable de suivre à la lettre le traitement prescrit ?
- Est-ce que je pourrai tolérer les effets secondaires du traitement ?
- Est-ce que je pourrai m'absenter du travail ou déléguer mes autres responsabilités si les effets secondaires sont importants ?
- Comment choisir : les effets secondaires risquent d’avoir un impact sur ma qualité de vie et il n’est pas certain que le traitement va agir sur le HCV ?
- Est-ce que je peux me permettre ce traitement ?
*Selon un énoncé consensuel des National Institutes of Health des États-Unis sur la prise en charge de l'hépatite C (paru en septembre 2002), les chances d'obtenir une réponse virale soutenue chez les personnes qui n'ont encore jamais été traitées sont :
de 76 à 82 % en présence des génotypes 2 ou 3; et
de 42 à 46 % en présence du génotype 1.
On ne prend pas à la légère la décision de se faire traiter. Vous devez y réfléchir et demander l'opinion non seulement de votre médecin, mais également de vos proches.
Interféron
L'interféron est une forme synthétique d'une protéine normalement fabriquée par l'organisme pour lutter contre les virus. On l'administre par injection sous la peau. L'interféron standard est injecté trois fois par semaine, alors que l'interféron PEGylé est injecté une seule fois par semaine. La forme PEGylée d'interféron est identique à la forme standard, à cette différence près qu'une molécule y a été ajoutée pour le rendre plus efficace contre l'hépatite C; en effet, il est absorbé lentement à partir du point d'injection et il persiste plus longtemps dans la circulation sanguine.
L'interféron peut entraîner les effets secondaires suivants :
- Fièvre
- Nausées et vomissements temporaires
- Courbatures
- Baisse des taux de globules blancs et des plaquettes qui accroissent le risque d'infection, de saignements et d'ecchymoses au moindre choc
- Cerveau dans la « ouate »
- Dépression
- Chute des cheveux
Certaines personnes manifesteront les effets secondaires suivants, de temps à autre :
- Fatigue
- Perte d'appétit
- Diarrhée
- Troubles du sommeil
- Irritabilité
Les effets secondaires s'atténuent après deux ou trois semaines de traitement chez 70 % des personnes. Par contre, chez 3 % des gens, ils se révèlent intolérables et doivent être cessés. L'arrêt du traitement est la seule façon de faire disparaître les effets secondaires, mais votre médecin pourrait vous suggérer des façons d'en réduire l'impact.
Ribavirine
La ribavirine interfère avec la façon dont le virus se reproduit tout en rehaussant l'efficacité de l'interféron. En soi, la ribavirine n'est pas efficace contre le HCV.
La ribavirine peut provoquer les effets secondaires suivants :
- L'effet secondaire le plus courant est une baisse de l'hémoglobine, qui transporte l'oxygène dans la circulation sanguine vers toutes les cellules. Cet effet secondaire peut entraîner un essoufflement à l'effort.
- Une toux non productive est un autre effet secondaire relativement courant.
- Parfois, on note des éruptions cutanées et des démangeaisons.
- La ribavirine peut entraîner des anomalies congénitales.
Monothérapie (interféron seul)
Le traitement de l'hépatite C au moyen d'interféron seul (en monothérapie) était autrefois la seule option offerte. La découverte des effets bénéfiques de la ribavirine a fait du traitement associatif la nouvelle norme internationale en matière de traitement de l'hépatite C. La monothérapie par PEG-interféron n’est utilisée que chez les personnes qui ne tolèrent pas la ribavirine ou qui souffrent de cirrhose et de fonction hépatique limite.
Traitement associatif (PEG-interféron et ribavirine)
Dans le traitement associatif, le PEG-interféron alpha-2a ou -2b (selon le fabricant) est administré avec de la ribavirine. Le PEG-interféron est administré par injection habituellement une fois par semaine. Quant à la ribavirine, elle est administrée sous forme de capsules par la bouche, deux fois par jour avec des aliments.
La durée du traitement dépend du génotype du VHC présent dans votre organisme. Si vous présentez les génotypes 2 ou 3, le traitement durera jusqu'à six mois. Par contre, il peut être cessé au bout de trois mois, si l'on n'a pas obtenu une réduction du centuple de l'ARN du VHC (avec le test PCR quantitatif) ou une réponse négative au test PCR. Cet arrêt est justifié du fait qu'il y a très peu de chances d'obtenir une réponse virale soutenue si la charge virale n'a pas considérablement diminué au cours des trois premiers mois de traitement.
Si vous présentez les génotypes 1, 4, 5 ou 6, le traitement pourrait s'échelonner sur un an. À nouveau, le traitement peut être cessé au bout de trois mois si l'on n'a pas obtenu une diminution du centuple de l'ARN du VHC ou si le résultat du test PCR n'est pas négatif. Le traitement sera probablement cessé au bout de six mois si les tests PCR restent positifs parce qu'il est très peu probable que vous obteniez une RVS. En revanche, comme il a déjà été démontré que le traitement ralentit la progression de la maladie, la recherche se poursuit actuellement pour mettre au point un traitement d'entretien à long terme. Les gens qui participent à des études cliniques n'ont pas à payer leur traitement, mais les autres peuvent devoir trouver une façon de défrayer ce traitement prolongé.
En raison des effets secondaires de l'interféron et de la ribavirine, les gens qui sont atteints de certains problèmes de santé ne sont pas tous de bons candidats pour le traitement associatif. Les patients sont donc évalués au cas par cas, mais les maladies énumérées plus bas constituent des contre-indications absolues, ce qui signifie que le risque de problèmes graves est trop grand pour permettre le traitement associatif.
- Troubles auto-immuns (inflammation et destruction des tissus par les anticorps fabriqués par l'organisme), comme l’arthrite avancée ou une maladie thyroïdienne évolutive non corrigée
- Hépatite auto-immune
- Diabète non contrôlé
- Maladie cardiaque
- Maladie respiratoire
- Anémie (taux d'hémoglobine faible)
Le coût du traitement dépend de la posologie requise qui elle-même est établie en fonction du poids. Pour 2004, le coût mensuel du traitement variera vraisemblablement de 1 600 à 2 300 $. Les directives pour le paiement du traitement varient selon la province ou le territoire. Votre gouvernement provincial ou territorial peut soit couvrir le coût total ou s'attendre à ce que vous payiez une franchise selon votre situation financière. Votre compagnie d'assurance (régime privé ou régime de l’employeur) défrayera vraisemblablement le reste, le cas échéant. Consultez votre médecin ou votre clinique d'hémophilie pour en savoir plus sur la façon de résoudre ces questions d'ordre économique avant de débuter le traitement.
Transplantation hépatique
La transplantation hépatique n'est pas envisagée tant que la personne ne souffre pas d'insuffisance hépatique. Le taux de succès de la transplantation est d'au moins 80 %, mais malheureusement, l'infection par le virus de l'hépatite C reparaîtra. La transplantation hépatique signifie également que vous devrez prendre des médicaments pour le reste de vos jours afin d'empêcher votre organisme de rejeter le foie transplanté. Une transplantation du foie guérira la personne hémophile de son trouble hémorragique. La maladie du foie causée par l'hépatite C chronique est la principale raison de procéder à des transplantations hépatiques au Canada. La Fondation canadienne du foie ou un hépatologue (médecin spécialisé dans les maladies du foie) pourront vous fournir d'autres renseignements à ce sujet.