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Arnaud au pays du rêve

par Chantal Raymond, responsable nationale des communications

Arnaud en connaît long sur les marsupiaux. Il sait que le bébé marsupial se tient caché dans la poche de sa mère pendant six mois avant de mettre le nez dehors; il sait aussi que les marsupiaux ne boivent jamais (étonnant, non?). Voyez-vous, Arnaud sait toutes ces choses parce qu’il est le fier papa adoptif (et même grand-papa) de Peach, un koala résidant au Featherdale Wildlife Park, en Australie.



Comment un jeune Montréalais de 11 ans se retrouve-t-il avec une telle descendance? C’est tout simple : il voit son rêve réaliser grâce à la Fondation Rêves d’enfants! Bon, je crois qu’il est temps de faire un petit retour en arrière pour vous raconter son histoire qui est tout, sauf banale.

Arnaud est le fils aîné de Katia et François et le grand frère de Loïc. Arnaud et Loïc sont tous deux atteints d’hémophilie A grave. La communauté hémophile avait déjà fait la rencontre d’Arnaud, alors âgé de cinq ans, au moment de la production de la version française de la vidéo de la SCH, Hémophilie : Tout ce que le personnel de l’école doit savoir. C’est à peu près à la même époque que Katia, la mère d’Arnaud, a présenté la candidature d’Arnaud auprès de la Fondation Rêves d’enfants. Arnaud était déjà amoureux fou des marsupiaux, particulièrement des koalas. Il faut savoir que, plus jeune, il faisait partie du groupe des koalas à la garderie; ce sentiment d’appartenance à la famille des koalas ne l’a, semble-t-il, jamais quitté!

Arnaud a immédiatement été accepté pour réaliser son rêve d’aller en Australie et d'adopter un vrai koala. Mais voilà qu’Arnaud n’était plus certain du tout de vouloir aller à l’autre bout du monde. Le projet fut dont mis sur la glace pendant quelques années.

Pendant ce temps, une jeune photographe de renom, Isabelle Clément, présentait un séduisant projet à la Fondation rêves d’enfants : suivre un enfant (et sa famille) pas à pas pendant la réalisation de son rêve et documenter l’expérience à l’aide de photos qui serviraient par la suite à illustrer un livre écrit par un ou une écrivaine de talent. La Fondation a tout de suite pensé à Arnaud. C’était le début d’une belle et grande aventure. Le début d’une belle et grande amitié!

Nous voici donc transportés en mars 2011. Tout ce beau monde débarque en Australie pour un voyage d’une semaine qui se déroulera sur les chapeaux de roues. La découverte d’un monde à l’envers (selon notre perspective!), du surf, Sydney, le Taronga Zoo, l’Aquarium de Sydney, les Blue Mountains, le Royal Botanical Garden avec ses chauves-souris géantes, rien n’a échappé à la curiosité d’Arnaud, de sa famille et de l’oeil perçant de leur accompagnatrice photographe.



« Accompagner la famille d'Arnaud en Australie aura été un des plus beaux moments de ma carrière. Je les remercie chaleureusement pour leur grande générosité et pour leur marque de confiance. »
- ISABELLE CLÉMENT, photographe


Mais rien n’allait surpasser la rencontre d’Arnaud avec Peach, son koala. Je vous ai mentionné plus tôt qu’Arnaud s’était retrouvé à la fois papa et grand-papa; et bien oui, son koala (qui est en fait une fille koala) avait eu un petit à son tour, appelé Honey. Le rêve d’Arnaud était donc là, au bout de ses doigts plongés dans la fourrure épaisse de Peach. Un moment de satisfaction intense où toutes les frustrations vécues par un jeune hémophile, tous les petits et grands chagrins, toutes les douleurs des saignements s’effacent miraculeusement pour faire toute la place au bonheur de vivre le moment présent. Ce sentiment partagé par toute la famille que, ce rêve, Arnaud ne l’avait pas volé; il lui appartenait de plein droit.

Une fois de retour au pays surviennent les surprises. Tout d’abord, le rêve en était un qui ne voulait pas s’éteindre. Isabelle, cette photographe qui avait capté avec un talent fou tout ce qu’Arnaud et sa famille avaient vu en Australie entreprend, au retour, les démarches pour produire et publier un livre relatant leur aventure. Le monde de l’édition peut être un monde complexe, parfois jalonné d’embûches, mais rien n’allait arrêter Isabelle dans son entreprise. Ainsi, elle convainc une maison d’édition (Del Busso) de s’associer au projet. Se joint alors à l’aventure l’écrivaine de renommée internationale, Arlette Cousture. Celle-ci, forte de ses nombreux prix littéraires et de ses oeuvres publiées à plusieurs millions d’exemplaires au Québec, en France et dans les autres pays de la francophonie (elle a écrit, entre autres, Les Filles de Caleb, Ces enfants d’ailleurs, etc.), se met dans la peau d’Arnaud pour raconter, en son nom, ce qu’il avait vécu. Le résultat, Arnaud au pays des koalas, en est un rempli de délicatesse et d’humour.

« Le plus beau de l’aventure aura été la rencontre de la poésie d’Arnaud. »
- ARLETTE COUSTURE, écrivaine

S’ajoute alors la réalisation d’un deuxième rêve auquel Arnaud n’avait pas même songé. Quel est-il? Se retrouver plongé dans un monde inconnu de lui jusqu’à ce jour : le monde de la littérature. Un tourbillon dans lequel se trouve entraîné Arnaud, mais également ses parents et son frère. Une fois le livre publié, il y a eu l’expérience grisante du Salon du livre de Montréal. Arnaud a vu déambuler, sous ses yeux, près de 120 000 visiteurs dont plusieurs se sont arrêtés devant le stand de l’éditeur afin de rencontrer Isabelle Clément, Arlette Cousture ou encore Arnaud lui-même. Dédicacer les livres, sourire pour les photos de la presse, rencontrer d’autres auteurs : une expérience hors du commun pour un garçon de 11 ans!

Parlant de rêve, Arnaud chérit celui, un jour, de devenir bédéiste. Quelle ne fut pas sa joie de rencontrer, en personne, un vrai de vrai bédéiste, Samuel Cantin, qui a d’ailleurs illustrer le livre Arnaud au pays des koalas. Si Arnaud doutait encore de son désir de dessiner des histoires comme métier, tous les doutes se sont alors envolés. L’aventure lui aura donc permis, non seulement de vivre de grands moments, mais de faire grandir en lui un nouveau rêve. Ce n’est pas rien!

Lorsque Arnaud est venu au monde et que l’hémophilie est entrée dans le quotidien de ses parents, il leur semblait que la loterie n’était pas particulièrement gagnante au départ. Maintenant, 11 ans plus tard, ils ne voient certainement plus les choses de la même manière. Vivre avec l’hémophilie, pour Arnaud, pour ses parents et pour son frère, c’est faire partie d’une très grande famille. Une famille qui s’entraide, qui vit ses joies et ses peines en toute solidairité et qui sait surmonter l’adversité. Une famille qui sait trouver le positif dans toute situation. Une famille qui poursuit ses rêves et qui sait qu’elle réussira à les accomplir. Le rêve d’Arnaud, c’est le rêve de tout un chacun faisant partie de la famille des troubles héréditaires de la coagulation.

Ouf! Quelle aventure qu’a vécue Arnaud. Un voyage au bout du monde pour rencontrer les koalas, un Salon du livre mémorable, une rencontre inspirante en la personne d’un bédéiste, une amitié solide avec une auteure et une photographe de très grand talent, mais surtout d’une très grande sensibilité. Au début du projet, Arnaud était très anxieux. La célébrité, très peu pour lui; il préférait passer inaperçu. Maintenant, il a compris que lorsque tu demeures authentique, tout se passe bien et tu réussis. Faire la une du journal de quartier, signer des dizaines et des dizaines de dédicaces, être sur la couverture d’un livre vendu en librairie, c’est une façon comme une autre d’assumer que la maladie est là, mais qu'elle ne représente pas un obstacle à vivre, en toute normalité, des choses absolument extraordinaires.

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Arnaud au pays des koalas
64 pages | 14,95 $
(Pour chaque exemplaire
vendu, 1 $ sera remis à la
Fondation Rêves d’enfants)
ISBN 2-978-923792-21-7

- Mars 2013