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La famille Arizpe - Loin de chez nous, mais en santé pour la vie

par Ricardo Arizpe, Kitchener (Ontario)

Jusqu’à ce que notre fils Erick soit âgé de 15 mois, nous ne soupçonnions rien. Puis, il a reçu un diagnostic d’hémophilie A grave. Comme il ne pouvait pas recevoir les soins appropriés à l’hôpital habituel dans notre pays, nous avons dû nous tourner vers un hôpital privé, où nous avons eu à assumer le coût de tous les examens. Nous voulions que notre fils ait un cathéter (Port-a-Cath), mais le spécialiste a refusé. Il nous a dit que ce n’était pas une solution, car de toute façon, nous n’aurions pas le concentré de facteur pour les perfusions d’Erick. « Vous feriez mieux de penser à remplacer cette poussette par un fauteuil roulant, l’enfant en aura besoin », a dit le spécialiste quand il a vu Erick pour la première fois à l’hôpital.

Les cinq cousins plus âgés d’Erick, également atteints d’hémophilie, souffraient de lésions articulaires graves, et nous avons décidé de chercher les meilleurs soins possible pour notre fils et de lui offrir une meilleure chance que celle qu’il aurait dans notre pays. Cela est devenu encore plus évident pour nous, lorsque la tante d’Erick a assisté au Congrès mondial de l’hémophilie 2006 à Vancouver et nous a parlé des formidables traitements offerts aux patients atteints d’hémophilie.

Après beaucoup de recherche et de consultation sur Internet, beaucoup de temps passé à prier, et constatant la souffrance et la détérioration de la santé de notre fils, nous sommes finalement arrivés à Toronto cinq jours avant son troisième anniversaire. Cette même semaine, Erick a été vu par l’équipe de spécialistes de l’hôpital Sick Kids. Il avait le genou légèrement endommagé et de multiples ecchymoses, ce qui est « normal » chez les enfants atteints d’hémophilie dans notre pays. Deux mois plus tard, il a été transféré à l’hôpital McMaster de Hamilton afin d’y recevoir des soins spécialisés. On lui a alors prescrit un cathéter à demeure pour lui administrer ses médicaments.


Quand nous sommes arrivés à Toronto, nous avons entamé un long processus auprès des autorités d’Immigration Canada. Notre première audience relative à notre demande de résidence a été refusée, ce qui compromettait les soins médicaux d’Erick, puisque nous allions être obligés de retourner dans notre pays. Nous avons alors entamé un autre processus : considérations d’ordre humanitaire. Notre deuxième demande pour obtenir la résidence canadienne a de nouveau été refusée, mais on nous a donné la possibilité de présenter d’autres preuves du risque pour sa santé et de la souffrance qu’il devrait  endurer s’il n’avait plus le traitement qu’il recevait au Canada.

Ce fut un bel effort d’équipe : Mennonite Coalition for Refugee Support, Immigration Canada, Hémophilie Ontario, The Gathering Place Church, la Société canadienne de l’hémophilie, le centre de traitement de l’hémophilie de McMaster et de nombreuses autres personnes ont pris part à nos efforts visant à assurer à Erick un meilleur avenir rempli de possibilités. Finalement, notre rêve s’est réalisé.

Après une longue attente de plus de 45 mois, notre demande de résidence permanente a été acceptée et approuvée; nous pouvions poursuivre les processus suivants sans le lourd fardeau de l’incertitude.

Lors de ses derniers rendez-vous avec l’hématologue et son pédiatre, les deux ont remarqué qu’Erick était en très bonne forme et que son genou était complètement guéri. « Je suis si heureux. Pour la première fois, je le vois sans une seule ecchymose sur le corps », a dit le pédiatre la semaine dernière.

Erick a maintenant presque 7 ans; il vient de terminer sa première année à l’école et il est impatient de suivre ses leçons de natation. Il a encore un peu peur de faire du vélo, mais il a l’intention de l’apprendre bientôt. En famille, nous avons commencé à apprendre à administrer des perfusions à la maison et Erick a déjà manifesté son intérêt d’apprendre l’autoperfusion.

Nous tenons à dire MERCI. Nous sommes maintenant autorisés à continuer le processus de demande de résidence et Erick bénéficie d’une exception pour demeurer au Canada, où il peut continuer à recevoir son traitement. La lettre que la SCH a rédigée ainsi que celle du Dr Anthony Chan, directeur du Centre de traitement de la Hamilton Health Sciences Corporation, division de McMaster, ont été les documents les plus importants sur lesquels les agents d’immigration ont fondé leur décision.

Encore une fois, merci. – La famille Arizpe



La famille Arizpe, de gauche à droite : Ricardo, Erick, Leticia et Ricardo Jr.

- Août 2011