Nos partenaires











Projets de recherche subventionnés en 2008

Prévalence de la maladie de von Willebrand infantile symptomatique

Dre Paula James
Professeure adjointe
Queen's University, Kingston (Ontario)
Deuxième année de subvention

Investigateurs secondaires : Dr Victor Blanchette (investigateur principal adjoint), Dr David Lillicrap, Dre Mariana Silva, Dre Margaret Rand, Dr Leonardo Brandao

La maladie de von Willebrand est un trouble héréditaire de la coagulation qui se caractérise par des saignements des muqueuses (c.-à-d., saignements de nez, saignements des gencives et règles abondantes) et par des ecchymoses au moindre choc. Le diagnostic de la maladie est parfois très difficile à poser, surtout chez les enfants. Bien que les ecchymoses et les saignements de nez soient fréquents chez les enfants atteints de la maladie de von Willebrand, les très jeunes enfants n'ont peut-être pas eu l'occasion de manifester d'autres symptômes de saignement caractéristiques, comme des règles abondantes ou des saignements post-opératoires. De plus, il est souvent difficile pour les patients de reconnaître si certaines manifestations sont normales ou anormales et la plupart des tentatives pour résoudre ce problème en élaborant des questionnaires standardisés sur les saignements se sont adressés à la population adulte.

Dans la présente étude, nous avons l'intention d'analyser la prévalence de la maladie de von Willebrand symptomatique chez les enfants en procédant à un dépistage de la maladie de von Willebrand chez ceux qui ont des symptômes de saignements ou des ecchymoses. De plus, nous avons l'intention de valider chez les enfants un questionnaire (modifié) couramment utilisé sur les saignements chez l'adulte au cours de cette étude. Nous procéderons à un dépistage des symptômes de saignements ou des ecchymoses auprès de 10 000 à 15 000 enfants fréquentant un centre pédiatrique ambulatoire. Ceux d'entre eux qui signaleront des symptômes de saignements ou des ecchymoses seront évalués de manière plus approfondie à l'aide d'un questionnaire sur les saignements. Les enfants qui obtiendront des indices de saignements positifs subiront des analyses de laboratoire pour dosage du facteur de von Willebrand. Le questionnaire sur les saignements sera aussi administré à un groupe d'environ 300 enfants normaux, ce qui permettra la validation du questionnaire. Cette étude sera réalisée par des chercheurs qui ont récemment terminé une étude complémentaire qui portait surtout sur des adultes et qui mesurait la prévalence de la maladie de von Willebrand en médecine générale.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens et la ménorragie revisités

Dre Rochelle Winikoff
Hématologue
CHU Sainte-Justine, Montréal (Québec)
Deuxième année de subvention

Investigateurs secondaires : Dr Sylvain Chemtob, Dre Michèle David, Dre Diane Francoeur, Dr Georges-Étienne Rivard

La ménorragie est un problème clinique courant pour lequel il n'existe pas d'approche thérapeutique médicale standard. On estime qu'environ 30 % des femmes se plaignent de ménorragie et c'est la principale raison qui les amène à consulter en gynécologie. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui inhibent de façon non spécifique la cyclo-oxygénase (COX) sont efficaces chez environ 50 % à 60 % des femmes atteintes de ménorragie, l'abondance des règles se trouvant réduites de 30 % à 40 %. Des études cliniques ont montré que les AINS sont plus efficaces chez les femmes qui présentent des règles plus abondantes au départ. Une catégorie de femmes souffrant de ménorragie présentent des règles plus abondantes en lien avec la surproduction de prostacycline (PGI2) et une vasodilatation utérine locale accrue que pourrait cibler le traitement par AINS.

Chez les femmes qui souffrent de ménorragie, celles qui présentent des taux plus élevés de PGI2 au départ sont plus susceptibles de mieux répondre aux AINS sans inhibition spécifique de la COX que les femmes qui produisent des taux moindres. La variabilité et l'intensité de la réponse aux AINS observées dans la littérature peuvent, du moins en partie, dépendre des taux de production de PGI2 au départ chez les femmes qui souffrent de ménorragie. D'autres facteurs cliniques, tels que l'âge, le poids, le nombre de grossesses et la dysménorrhée peuvent aussi être des facteurs prédictifs d'une réponse favorable au traitement par AINS. Le principal objectif de cette étude est d'identifier les prédicteurs cliniques de la réponse au traitement par AINS chez des femmes qui souffrent de ménorragie. Nous déterminerons aussi si des taux plus élevés de PGI2 au départ chez des femmes souffrant de ménorragie sont en corrélation avec la réponse clinique à l'inhibition de la COX par les AINS.

Des femmes de 18 à 40 ans souffrant de ménorragie primaire seront traitées consécutivement au moyen d'un AINS pendant deux cycles menstruels d'affilée et l'abondance de leurs règles sera évaluée à l'aide d'un tableau illustré conçu à cet effet. Le recrutement pour cette étude s'échelonnera sur une période de 18 mois. Les prédicteurs cliniques potentiels de la réponse aux AINS seront recueillis. Les taux de base de métabolites urinaires de la PGI2 seront mesurés chez toutes les femmes admissibles. Une analyse de régression logistique servira à évaluer diverses variables cliniques et les taux de PGI2 à titre de prédicteurs d'une réponse significative aux AINS. Une réponse significative sera définie par une baisse >= 30 % du score obtenu à l'évaluation de l'abondance des règles. Le score moyen de départ des pertes sanguines sera comparé à une moyenne de deux scores de post-thérapeutiques.

Les résultats de cette étude devraient aider les médecins à identifier les femmes qui seraient d'emblée de bonnes candidates au traitement par AINS pour corriger la ménorragie. Certains indices cliniques, notamment les taux de PGI2 au départ, pourraient faire partie d'une évaluation clinique initiale dans un tableau de ménorragie et aider à distinguer les femmes qui souffrent de ménorragie et sont susceptibles de répondre au traitement par AINS de celles qui n'y répondront pas et chez qui d'autres approches seraient plus bénéfiques. Une stratégie thérapeutique similaire pourrait éventuellement s'appliquer aux femmes qui souffrent de ménorragie reliée à des troubles de la coagulation.

Troubles de la coagulation, ménorragie et carence en fer : Le point sur la qualité de vie

Dr Ronald Barr
Département d'épidémiologie clinique et de biostatistique
Health Sciences Centre - McMaster University, Hamilton (Ontario)
Première année de subvention

Investigateurs secondaires : Dr David Lillicrap, Dr Jean St-Louis, Dre Christine Demers, Pre Eleanor Pullenayegum

La Société canadienne de l'hémophilie a décerné au Pr Ronald Barr de la McMaster University et à ses co-investigateurs de trois autres centres canadiens, une bourse de recherche afin qu'ils puissent analyser les données provenant d'une enquête nationale sur des femmes et des hommes atteints de troubles héréditaires de la coagulation. L'enquête a été menée après qu'une étude pilote ait révélé que des femmes atteintes du trouble de la coagulation le plus répandu, la maladie de von Willebrand, présentent un état de santé moins bon que les hommes atteints de la même maladie et environ le même piètre état de santé que les hémophiles atteints d'hémophilie grave qui ont contracté le virus du sida. Selon une hypothèse, les troubles de la coagulation chez les femmes, en occasionnant des saignements menstruels abondants, provoquent une carence en fer chronique, un piètre état de santé général et une scolarisation moins poussée. Tous les centres régionaux de l'hémophilie au Canada ont appuyé l'enquête nationale qui a recueilli des renseignements et des échantillons sanguins (afin de mesurer les taux de fer) auprès de 408 personnes en tout. Un questionnaire a porté sur 14 aspects importants de la santé globale, le niveau de scolarité et l'utilisation de suppléments de fer. Les femmes qui ont participé ont répondu à une série de questions sur leurs saignements menstruels. Un système d'évaluation sophistiqué a été utilisé pour mesurer l'état de santé global de chaque personne. Des tests statistiques montreront si les femmes atteintes de troubles de la coagulation présentent un moins bon état de santé et une scolarisation moins poussée que les groupes de référence, comme les hommes atteints des mêmes troubles de la coagulation et si ces problèmes sont liés à une carence en fer. Les résultats de l'étude pourraient justifier la réalisation d'une grande étude clinique randomisée sur les suppléments en fer dans le but d'améliorer l'état de santé global et la scolarisation chez les femmes présentant des pertes sanguines menstruelles excessives associées à un trouble de la coagulation. Cette étude est importante parce que les suppléments de fer sont peu coûteux à fabriquer, faciles à prendre et qu'ils pourraient améliorer considérablement la qualité de vie de millions de femmes atteintes dans le monde.