Nos partenaires











Projets de recherche subventionnés en 2009

Regard neuf sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens et la ménorragie

Dre Rochelle Winikoff, FRCP
Hématologue
Attachée au CHU Sainte-Justine, Montréal, Québec
Deuxième année de subvention (subvention de 2008 et travaux reportés en 2009 en raison d’un retard du processus d’approbation déontologique)

Co-investigateurs : Dr Sylvain Chemtob, Dre Michèle David, Dre Diane Francoeur, Dr Georges-Étienne Rivard

Les règles abondantes (ménorragie) constituent un important problème de santé. C’est une affection courante qui s’accompagne d’une morbidité importante et de coûts considérables pour la société. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent réduire avec succès le débit menstruel des femmes atteintes de ménorragie. Ils agissent pour une bonne part en inhibant la production des prostaglandines, substances chimiques responsables du contrôle de l’apport sanguin vers l’utérus. Les AINS ne sont pas couramment utilisés à cette fin, surtout parce que la réponse au traitement est souvent modeste et/ou imprévisible. La variabilité de la réponse aux AINS chez les femmes atteintes de ménorragie est encore mal élucidée. Notre objectif est d’optimiser le traitement de la ménorragie en identifiant un sous-groupe de femmes plus susceptibles de répondre aux AINS et d’établir clairement le rôle des AINS dans le traitement de la ménorragie. Selon notre hypothèse, certaines femmes souffrant de ménorragie associée à des taux élevés de prostacycline (substance impliquée dans la dilatation des vaisseaux sanguins) répondront mieux aux AINS que les femmes dont les taux sont moins élevés. D’autres symptômes menstruels liés aux prostaglandines pourraient également se révéler être d’importants prédicteurs cliniques de la réponse aux AINS chez les femmes atteintes de ménorragie. Au cours de cette étude, des femmes adultes atteintes de ménorragie recevront un AINS pendant deux cycles menstruels consécutifs et leur réponse clinique sera évaluée. Les prédicteurs cliniques potentiels de la réponse aux AINS seront notés, y compris les taux de prostaglandines urinaires au départ. Les prédicteurs cliniques de la réponse aux AINS seront ensuite établis. Les résultats de cette étude devraient aider les médecins à identifier les femmes chez qui un traitement par AINS doit être envisagé d’emblée pour le traitement de la ménorragie. Certains indices cliniques, y compris les taux de prostacycline au départ, pourraient faire partie de l’évaluation clinique initiale en présence de ménorragie et contribuer à établir la distinction entre les femmes atteintes de ménorragie susceptibles de répondre aux AINS et celles qui n’y répondront pas et chez qui d’autres formes de traitement conviendront mieux. Une stratégie thérapeutique similaire pourrait éventuellement s’appliquer aux femmes atteintes de ménorragie associée à certains troubles de la coagulation.

Mise au point d’un outil d’évaluation des antécédents cliniques de troubles de la coagulation

Dre Catherine Hayward
McMaster University and Hamilton Health Sciences
Département de pathologie et de médecine moléculaire
McMaster University Medical Center – Hamilton, Ontario
Première année de subvention

Co-investigateurs : Dre Menaka Pai, Mme Nancy Heddle, Dr Richard Cook

Les troubles hémorragiques sont fréquents dans la population générale, mais ils sont parfois difficiles à évaluer. Cela est dû au fait que des personnes en bonne santé peuvent manifester certains types de saignements (par exemple, ecchymoses et épistaxis légers) et parce que les saignements anormaux sont parfois d’intensité bénigne. Pour évaluer les patients qu’ils soupçonnent de souffrir d’un trouble de la coagulation, les médecins posent, en général, de nombreuses questions relatives à des saignements excessifs. Dans bien des cas, les patients ont de la difficulté à répondre à un si grand nombre de questions pendant la consultation et de leur côté, les médecins se demandent quelles questions sont les plus pertinentes. Un court questionnaire standardisé ferait en sorte que l’on pose les questions pertinentes aux patients, en utilisant un langage facile à comprendre.

Notre groupe de recherche a recueilli beaucoup de données sur les symptômes et les résultats d’analyses de laboratoire de plus de 300 patients atteints de troubles de la coagulation. Nous nous proposons d’utiliser des méthodes statistiques pour analyser ces données et mettre au point un questionnaire bref. Nous remettrons ce questionnaire à un grand groupe de patients et de personnes en bonne santé, afin qu’ils y répondent et que l’on puisse ainsi déterminer quels symptômes sont fréquents chez les patients atteints des troubles de la coagulation les plus communs (troubles de la coagulation indéterminés et anomalies de la fonction sécrétrice des plaquettes) et les risques hémorragiques qui leur sont associés. Je suis persuadée que le questionnaire aidera les médecins à déterminer quels patients souffrent de problèmes de la coagulation sanguine et nécessitent des examens plus approfondis. Le questionnaire nous aidera également à en apprendre davantage au sujet des types les plus courants de troubles de la coagulation et de la façon dont ils affectent la vie des patients. Cette recherche pourrait éventuellement améliorer les soins aux patients en fournissant des preuves quant à la meilleure façon d’évaluer les symptômes hémorragiques, quant à leurs diverses manifestations selon les types de troubles de la coagulation et quant à l’optimisation de leur traitement.

Comprendre les processus décisionnels relatifs à la santé et au traitement chez des jeunes atteints d’hémophilie : Le point de vue des jeunes

Dre Kathryn Webert
Département de médecine
McMaster University – Hamilton, Ontario
Première année de subvention

Co-investigateurs : Pre Nancy Heddle, Dr Anthony Chan, Dr Irwin Walker, Mme Shannon Lane

La première cohorte de jeunes gens atteints d’hémophilie à avoir grandi à l’ère de la prophylaxie primaire arrive à l’âge de la maturité et passe actuellement de l’enfance, à l’adolescence puis au début de l’âge adulte. Ils arrivent à un âge où ils peuvent décider de continuer leur traitement prophylactique ou de passer à un traitement administré au besoin. Rien n’indique clairement qu’une stratégie soit supérieure à l’autre chez le jeune adulte et on ignore de quelle façon la génération montante prend ses décisions à l’égard du traitement à prendre au sortir de l’adolescence. Nous savons qu’avant de prendre leur décision quant à leur traitement médical, les jeunes se renseignent, mais ils sont également influencés par leurs perceptions, leurs expériences de vie, les sentiments qu’ils éprouvent face à la maladie, leurs valeurs et leurs croyances. Avec notre projet de recherche, nous souhaitons comprendre les aspects non médicaux du processus décisionnel entourant les traitements antihémophiliques. Afin de découvrir les principaux facteurs qui entrent en ligne de compte dans leur processus décisionnel, nous réaliserons des entrevues et organiserons des groupes de consultation auprès de patients du Sud de l’Ontario atteints d’hémophilie âgés et de 15 à 29 ans; nous enchaînerons avec l’organisation de trois groupes de consultation similaires auprès de patients ailleurs au Canada. Les résultats de cette recherche nous aideront à comprendre de quelle façon les jeunes gens atteints d’hémophilie prennent leurs décisions relativement au traitement et nous nous en servirons pour mettre au point des stratégies dans le but de favoriser la discussion entourant les choix thérapeutiques dans cette catégorie d’âge.

Établissement de la dose minimale efficace tolérée d’acide tranéxamique chez des femmes souffrant de ménorragie et atteintes de troubles de la coagulation

Dre Katherine Sue Robinson
Département de médecine aux adultes
QEII Health Sciences Center – Halifax, Nouvelle-Écosse
Co-investigatrice principale :
Dr Victoria Price
IWK Health Center- Halifax, Nouvelle-Écosse
Première année de subvention

Co-investigateurs : Dr Tamara Macdonald, Pr Mohamed Abdolell, Dr Eileen Mcbride, Dr Nancy Van Eyk, Dr Joan Wenning

Beaucoup de femmes ont des règles abondantes qui peuvent donner lieu à de l’anémie, de la fatigue et à une incapacité de s’acquitter de leurs tâches normales. Environ 10 % à 30 % de ces femmes souffrent d’un trouble de la coagulation sous-jacent. Un médicament appelé acide tranéxamique est couramment utilisé et efficace pour réduire les pertes menstruelles. Toutefois, jusqu’à 33 % des femmes éprouvent des effets secondaires, dont la fréquence est proportionnelle à la dose. La littérature médicale mentionne divers schémas posologiques différents et l’un d’entre eux est souvent recommandé au Canada. Les femmes qui souffrent de troubles de la coagulation sous-jacents peuvent nécessiter des doses plus fortes de ce médicament comparativement aux femmes qui n’en souffrent pas. Au cours de notre étude, nous souhaitons établir la dose efficace d’acide tranéxamique la plus faible pour les filles et les femmes dont les règles sont abondantes et qui souffrent d’un trouble de la coagulation. Nous croyons que la dose sera inférieure à la dose habituellement recommandée. Si notre hypothèse se confirme, ces résultats pourraient contribuer à modifier la façon habituelle de prescrire ce médicament et offrir une option qui sera mieux acceptée par les femmes dont les règles sont abondantes, en particulier si elles souffrent d’un trouble de la coagulation. Nous venons d’ouvrir une clinique à l’intention des femmes atteintes de troubles de la coagulation et espérons que ce projet pavera la voie à de meilleurs soins pour nos patientes et éventuellement, à des recherches plus poussées.