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Projets de recherche subventionnés en 2008

La maladie de von Willebrand de type plaquettaire : une cause sous-diagnostiquée de saignements mucocutanés excessifs ?

Dre Maha Othman
Professeure adjointe auxiliaire au Département de pathologie et de médecine moléculaire
Queen's University, Kingston (Ontario)
Deuxième année de subvention

Investigateur secondaire : Dr David Lillicrap

La maladie de von Willebrand de type plaquettaire et la maladie de von Willebrand (MVW) de type 2B présentent des caractéristiques similaires sur le plan clinique et sur le plan des analyses de laboratoire, alors qu'elles résultent d'anomalies affectant deux gènes différents. La MVW de type 2B résulte d'une anomalie du facteur de von Willebrand (FVW) et la MVW de type plaquettaire est causée par une anomalie du gène GP1BA plaquettaire. Cette distinction entre les deux maladies pose souvent un défi. Les analyses nécessaires à l'identification requièrent une expérience technique particulière et des échantillons de sang frais. Les diagnostics définitifs peuvent être posés par l'observation d'une anomalie génétique affectant soit le facteur de von Willebrand soit la GP1BA. Le bon diagnostic et la distinction entre les deux maladies a d'importantes répercussions sur les décisions thérapeutiques. Le concentré de FVW/FVIII, principal traitement de la MVW de type 2B, peut aggraver le problème plaquettaire et les symptômes hémorragiques dans la MVW de type plaquettaire. Les concentrés plaquettaires constituent le traitement idéal pour cette dernière.

Dans le cadre de cette étude, notre hypothèse est que des patients atteints de MVW de type plaquettaire ne reçoivent pas leur diagnostic ou reçoivent un diagnostic erroné de MVW de type 2B et nous adoptons une approche génétique pour poser un diagnostic définitif de MVW de type plaquettaire. L'analyse de l'ADN inclura les régions reliées au gène du FVW responsable de la MVW de type 2B et également le gène GP12A plaquettaire responsable de la MVW de type plaquettaire chez 100 patients ayant reçu un diagnostic initial de MVW de type 2B au Canada et dans le monde. Sous les auspices du Scientific and Standardization Committee on von Willebrand Factor de l'International Society for Thrombosis and Hemostasis, nous avons mis sur pied une base de données/un registre de la maladie en ligne accessible à l'adresse www.pt-vwd.org. Le projet/registre tentera de déterminer combien de cas de MVW de type plaquettaire sont perçus à tort comme des cas de MVW de type 2B, de sensibiliser les médecins, les spécialistes et les patients à ce problème diagnostique et d'indiquer la portée de l'analyse génétique chez ces patients avec les implications que cela comporte sur le plan des décisions thérapeutiques.

Mode d'élimination du facteur VII(a)

Dr William P. Sheffield
Professeur associé au Département de pathologie et de médecine moléculaire
McMaster University, Hamilton (Ontario)
Deuxième année de subvention

Investigateur secondaire : Dr B.J. Clarke

La communauté hémophile sait trop bien que le traitement substitutif susceptible de redonner aux personnes atteintes l'accès à une vie active n'est pas toujours dépourvu de problèmes. En effet, pour ces personnes, le traitement substitutif au moyen de facteur VIII recombinant (r-FVIII) purifié est parfois compliqué par la formation d'inhibiteurs. Les inhibiteurs sont des anticorps dirigés contre le FVIII injecté. Heureusement, l'administration de facteur VIIa (FVIIa) recombinant permet de contourner ce problème potentiellement grave. Le FVII est toutefois l'un des facteurs de la coagulation qui quitte la circulation le plus rapidement. Cette élimination n'est pas entièrement élucidée. C'est pourquoi les docteurs Bill Sheffield et Bryan Clarke de la McMaster University et de la Société canadienne du sang, ont reçu de la SCH une subvention de recherche pour étudier l'élimination du FVIIa chez des souris génétiquement modifiées afin qu'elles manifestent l'hémophilie A. Les chercheurs utiliseront une technologie d'ADN et des cultures cellulaires pour rendre les deux FVII humains identiques aux produits cliniques actuels et pour fabriquer de nouvelles formes de FVII dans leurs laboratoires. Après l'étape de purification, ils détermineront combien de temps les protéines liées au FVII persistent dans la circulation chez les souris et comment elles agissent pour maîtriser les saignements.

Les produits les plus inhabituels qui seront testés sont les produits « de fusion », composés de FVII et d'albumine sérique humaine, habituellement des protéines distinctes, qui sont combinés dans une seule chaîne. Les chercheurs émettent l'hypothèse selon laquelle le FVII continuera d'agir sous cette nouvelle forme et restera beaucoup plus longtemps dans la circulation que le produit actuel. Plus longtemps il persiste, plus il devrait maîtriser efficacement les saignements. Sheffield et Clarke espèrent que leur recherche permettra de mieux comprendre le mécanisme d'action du r-FVIIa et de concevoir des produits de r-FVIIa améliorés afin d'offrir aux professionnels de la santé de nouveaux outils pour aider les patients atteints d'hémophilie qui ont des inhibiteurs.

Analyse structurelle et génétique des complexes établis entre le facteur VIII et les protéines réceptrices des lipoprotéines de basse densité : Vers un facteur VIII à longue action

Ann English, Ph. D.
Département de chimie et de biochimie
Université Concordia – Montréal (Québec)
Première année de subvention

Investigateur principal adjoint : Dr Tongpil Min

Les progrès scientifiques ont donné lieu à une nouvelle génération d'agents biopharmaceutiques de facteur VIII (FVIII) plus sécuritaires, désormais débarrassés des agents pathogènes à diffusion hématogène. Par contre, le coût élevé du FVIII demeure un important obstacle au traitement de l'hémophilie. Seuls certains pays peuvent se permettre la prophylaxie ou le traitement sur demande, tandis que de nombreux autres ne peuvent même pas répondre aux besoins de traitement sur demande. De toute évidence, le FVIII doit être amélioré pour acquérir une demi-vie plus longue.

Notre projet, qui bénéficie du soutien du Programme de recherche Le rêve d'une cure de la SCH, fournira des renseignements structurels cruciaux pour guider la mise au point d'un FVIII à action plus longue. On sait que les protéines réceptrices de lipoprotéines de basse densité (PRL) sont responsables d'éliminer le FVIII dans le sang. L'élimination du FVIII par les PRL requiert la mise en commun des deux protéines. Ainsi, si l'interaction de fixation FVIII-PRL est ralentie, le FVIII restera dans le sang plus longtemps. Par contre, il faut bien comprendre les mécanismes de fixation FVIII-PRL afin d'éviter les effets secondaires possibles, comme l'induction des inhibiteurs. Nous allons mettre au point un modèle 3D des interfaces de fixation FVIII-PRL à l'aide de cristallographie des rayons X. Les complexes entre les domaines spécifiques du FVIII et les amas de PRL élucideront au niveau moléculaire de quelle façon les PRL lient et éliminent le FVIII. Ce type de détail structurel à l'échelle atomique des interfaces de fixation indiquera de quelle façon la séquence de FVIII doit être modifiée pour atténuer son interaction avec les PRL. L'affinité réduite entre le FVIII et les PRL sera évaluée à l'aide de techniques biophysiques perfectionnées. Les résultats guideront la mise au point de la prochaine génération de produits biopharmaceutiques de FVIII dotés d'une demi-vie biologique plus longue. Un FVIII d'une durée plus longue facilitera un plus grand accès au traitement et nous fera faire un pas de plus vers une cure définitive.

Rôle de l'inactivation de l'X dans l'expression de l'hémophilie A chez la femme

Dre Wenda L. Greer
Professeure au Département de pathologie
Dalhousie University, Halifax (Nouvelle-Écosse)
Première année de subvention

Investigatrices secondaires : Dre Sue Robinson, Dre Sarah Dyack

L'hémophilie A (HA) est un trouble de la coagulation lié à l'X qui résulte de mutations affectant le gène du facteur VIII (FVIII). La présence d'un seul gène du FVIII fonctionnel suffit pour que la coagulation se fasse normalement. Ainsi, en général, les hommes XY qui héritent d'un gène du FVIII ayant subi une mutation sont affectés, tandis que femmes hétérozygotes XX ne le sont pas. Plus rarement, des cas d'HA ont été décrits chez des femmes hétérozygotes. Ces cas peuvent être dus à une inactivation anormale du chromosome X (IXC). Il s'agit d'un mécanisme de compensation qui fait qu'un X dans chaque cellule de la femme est inactivé tôt au cours de son développement. Chez la plupart des femmes, environ la moitié des cellules inactivent le chromosome X maternel et l'autre moitié, le chromosome X paternel. Dans de rares cas, l'ICX est anormale. Si l'anomalie concerne l'activation d'un gène ayant subi une mutation, une femme hétérozygote peut être affectée. Une famille a présenté plusieurs cas d'hommes et de femmes atteints d'HA. Chez les femmes, la plupart des cellules exprimaient le chromosome X paternel objet de mutation. Il est peu probable que le hasard puisse à lui seul expliquer cette anomalie rare de l'ICX au point d'occasionner la maladie chez trois femmes.

Notre objectif est de comprendre pourquoi ces femmes expriment l'HA. Selon notre hypothèse, le phénomène est dû à une anomalie affectant le ratio d'inhibition du chromosomes X (RICX) et résultant d'une prédisposition héréditaire à la persistance du chromosome X anormal.

Nos objectifs sont les suivants :

  • Déterminer les modes d'inactivation du chromosome X et les mettre en corrélation avec l'expression de la maladie;
  • Déterminer si l'anomalie du RICX concorde davantage avec l'ICX déterminé génétiquement ou aléatoirement;
  • Déterminer, par l'analyse des microsatellites, une région du chromosome X associée à divers degrés de prédisposition à l'ICX;
  • Envisager des gènes candidats potentiels provenant de cette région;
  • Relever les symptômes cliniques et les normes thérapeutiques pour les femmes porteuses et leurs expériences en matière de traitement médical en les interrogeant ainsi que leurs professionnels de la santé.
Nous croyons que cette famille représente une occasion unique d'étudier l'ICX et son rôle dans l'expression de l'HA chez des femmes hétérozygotes. Elle permettra aussi de documenter le phénotype clinique des porteuses dont l'activité du facteur VIII diffère selon leur RICX.

Évaluation de la prévalence et de la portée fonctionnelle des anticorps non neutralisants dirigés contre le facteur VIII

David Lillicrap
Département de pathologie et de médecine moléculaire
Queen's University – Kingston (Ontario)
Première année de subvention

Investigateurs secondaires : Dr Jerome Teitel, Dr Georges-Étienne Rivard, Dr Irwin Walker

Rendu possible grâce à une subvention à la recherche versée sans restriction à la Société canadienne de l'hémophilie par Bayer HealthCare.

La fabrication d'anticorps dirigés contre le facteur VIII (FVIII) représente la principale complication liée au traitement actuel de l'hémophilie A. Depuis une trentaine d'années, cette complication a été évaluée au moyen d'une analyse de laboratoire qui détecte seulement les anticorps qui interfèrent avec la fonction coagulante du FVIII. Or, les preuves s'accumulent selon lesquelles en plus des anticorps qui inhibent l'activité fonctionnelle du FVIII, certains anticorps non neutralisants se forment aussi après l'exposition au FVIII. La prévalence de ces anticorps, leur chevauchement avec les inhibiteurs neutralisants et leur portée clinique sont tous des facteurs très mal caractérisés et forment la base des explorations proposées dans le cadre du présent projet de recherche. Dans ce projet, nous concevrons un test de laboratoire pour dépister et quantifier les taux d'anticorps qui se fixent au FVIII dans le plasma. Les échantillons plasmatiques analysés ont déjà été caractérisés au moyen d'un test de dépistage d'anticorps fonctionnel (le test Bethesda); ainsi, les modes de chevauchement de la réactivité seront apparents. En dernier lieu, une fois que nous aurons détecté les anticorps non neutralisants, nous tenterons de mettre en corrélation leur présence et la récupération et la demi-vie du FVIII in vivo.

Fréquence du statut de porteuse chez les mères d’enfants atteints d’hémophilie

David Feldman
University of Western Ontario
Sous la supervision du Dr Manuel Carcao
Hospital for Sick Children in Toronto

Rendu possible grâce à une subvention à la recherche versée à la Société canadienne de l’hémophilie par Bayer Health Care

David travaillera à évaluer la base de données sur la génétique de l’hémophilie au Hospital for Sick Children. Dans cette base de données, on a documenté le génotype de la mutation associée à l’hémophilie chez plus de 90 % des patients hémophiles du Hospital for Sick Children. De plus, le statut de porteuse de presque toutes les mères des patients atteints d’hémophilie suivis au Hospital for Sick Children a été déterminé et pourtant, en raison d’un manque de temps, ces observations n’ont pas été publiées et aucune étude de corrélation génotype-phénotype n’a encore été entreprise.

David travaillera à trois projets sous la supervision du Dr Carcao :

1. Rédiger un rapport sur la fréquence du statut de porteuse chez les mères d’enfants atteints d’hémophilie suivis au Hospital for Sick Children.

2. David passera en revue le dossier de tous les patients atteints d’hémophilie A légère afin de déterminer leur degré de réponse au DDAVP. Cette réponse sera ensuite mise en corrélation avec le génotype du patient. De même, par l’entremise de cette étude, on établira la concordance entre la réactivité au DDAVP et le génotype dans des études familiales, c’est-à-dire : tous les individus apparentés atteints d’hémophilie légère répondent-ils tous de la même façon au DDAVP? Cela, bien sûr, nous amène à vouloir vérifier les facteurs qui déterminent le degré de réactivité au DDAVP. Est-ce la mutation de l’hémophilie ou autre chose? Ce projet permettra aussi de vérifier l’existence d’une corrélation entre le degré de réponse au DDAVP et le groupe sanguin.

3. David travaillera avec le Dr Carcao à mettre sur pied une base de données sur la génétique de la maladie de von Willebrand, ce qui revêt de plus en plus d’importance à mesure qu’un plus grand nombre d’études sur la génétique de la maladie de von Willebrand sont entreprises.


Transfusions et anesthésie régionale du genou

Bourse de stagiaire en recherche

Valérie Ouellette

Université de Montréal
Sous la supervision du Dr Jean-François Hardy
Centre Hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM)

Protocole et objectifs :

Déterminer de manière prospective observationnelle le taux d’hémoglobine minimal permettant une récupération optimale après une chirurgie orthopédique majeure

Résultats attendus :

Il nous sera possible de déterminer un niveau d’hémoglobine au-dessous duquel la récupération fonctionnelle devient difficile. Cette valeur de l’hémoglobine sera utilisée dans les phases 3 et 4 du projet TRIOS (Stratégies transfusionnelles en chirurgie orthopédique du membre inférieur dans le contexte de la réadaptation.)