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Les traitements recommandés chez les femmes qui présentent des complications gynécologiques

Quelles sont les options thérapeutiques pour les filles et les femmes qui présentent des complications gynécologiques?


L'HORMONOTHÉRAPIE

Les contraceptifs oraux (la « pilule ») font augmenter le taux de FVW dans le sang chez les femmes atteintes de la maladie de von Willebrand de type 1. Pour de nombreuses femmes atteintes de la maladie de von Willebrand qui souffrent de ménorragie, ce type d’hormonothérapie suffit pour réduire les saignements et les ramener à la normale.

Par contre, elle ne peut pas améliorer les taux de facteur,

  • chez les femmes qui souffrent de la maladie de von Willebrand de type 2, parce qu'il s'agit d'une dysfonction plutôt que d’une pénurie de FVW
  • ni chez les femmes qui souffrent de la maladie de von Willebrand de type 3, parce que le taux de FVW est déjà très faible au départ.


Par contre, les contraceptifs oraux peuvent être utiles, même chez ces femmes, en ce sens qu’ils régularisent le cycle menstruel et réduisent les saignements.

D'autres hormonothérapies peuvent être prescrites lorsque les contraceptifs oraux n'agissent pas très bien. Il y a, entre autres, un analogue de la GnRH qui agit au niveau cérébral sur les hormones ovariennes. Les dérivés de progestérone à haute dose peuvent aussi servir dans certaines situations, mais leur efficacité à contrôler les saignements utérins est relativement imprévisible.

L'utilisation de la pilule chez les adolescentes soulève quelques problèmes délicats :

  • Certains parents ne veulent peut-être pas que leur fille prenne la pilule de crainte qu'elle ne commence trop tôt à avoir des rapports sexuels. Par contre, de nombreuses études ont montré que l'utilisation thérapeutique de la pilule n'est pas directement liée au début de l'activité sexuelle. Il s'agit d'un moyen très efficace de contrôler les saignements causés par la maladie de von Willebrand et on ne devrait pas l'écarter du revers de la main pour des raisons non fondées.
  • L'adolescente peut refuser de désobéir à ses parents, même lorsque la pilule s'avère être la seule façon efficace de maîtriser sa ménorragie.
  • De plus, pour certains parents et leurs adolescentes, la pilule suscitent une crainte à l’égard du cancer, de l'infertilité, des caillots sanguins ou de l'ACV. Une information bien dosée calmera leurs craintes.


Le personnel du centre de traitement complet de l’hémophilie et des troubles de la coagulation peut aider les familles à faire la lumière sur ces questions.

LES ANTIFIBRINOLYTIQUES
(Cyklokapron et Amicar)

Pour les femmes qui souffrent de la maladie de von Willebrand et de ménorragie, on peut débuter le Cyklokapron et l'Amicar le premier jour des règles et poursuivre le traitement pendant cinq jours consécutifs. On peut même les combiner à des contraceptifs oraux chez les femmes qui ne répondent pas à la desmopressine.

Quels sont les traitements chirurgicaux de la ménorragie?

Pour certaines femmes, les traitements médicamenteux seuls ne suffiront pas. Les règles continueront d’être abondantes et prolongées. Pour ces femmes, la chirurgie est une option. Par contre, c’est une décision qu’il ne faut pas prendre à la légère. Il est important de bien se renseigner d’abord.

Voici les options offertes :

L'ABLATION ENDOMÉTRIALE (ablation utérine)

Le but de cette opération est de détruire la paroi utérine interne, le tissu endométrial qui saigne tant durant les règles. La paroi utérine est détruite par cautérisation, mais on aura préalablement administré une hormonothérapie pendant deux mois avant la chirurgie pour réduire la croissance de l'endomètre.

AvantagesInconvénients
  • L'intervention est pratiquée par le vagin, de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'ouvrir l'abdomen. Le risque hémorragique est ainsi moindre qu'avec une hystérectomie.
  • Contrairement au traitement médicamenteux, cette intervention empêche définitivement toute grossesse.
  •  L'intervention peut être effectuée à la clinique médicale. Par conséquent, la femme n'a pas besoin d'être hospitalisée.
  •  L'intervention peut devoir être répétée.
  • Le temps de récupération est beaucoup plus rapide qu'avec une hystérectomie.
  • Chez un faible pourcentage de femmes, l'intervention n'enraye pas les hémorragies.
  • Les taux de succès sont élevés.



HYSTÉRECTOMIE (ablation de l'utérus)

Le but de cette intervention est d'enlever l'utérus pour que les saignements menstruels cessent tout à fait. Parfois, on procède en même temps à l’ablation des ovaires et des trompes de Fallope.

Il est regrettable que cette intervention soit parfois recommandée à des femmes atteintes de ménorragie avant même qu'elles n'aient subi des tests pour le dépistage de la maladie de von Willebrand ou autres troubles de la coagulation. Cela signifie que certaines femmes deviennent infertiles alors que leurs saignements auraient pu être traités avec succès, sans hystérectomie.

 AvantagesInconvénients
  •  L'hystérectomie met définitivement un terme aux saignements menstruels.
  •  Contrairement au traitement médicamenteux, la femme ne peut plus concevoir.
  • Il n'y a parfois aucune autre option à offrir aux femmes qui ne répondent pas au traitement médicamenteux et chez qui l'ablation endométriale ne donne pas de résultats satisfaisants.
  • Une hystérectomie est une opération majeure. Chez les femmes souffrant de troubles hémorragiques, on note un risque accru d'hémorragie durant et après l'intervention. Cela peut par contre être traité au moyen de concentrés de facteur VIII/FVW.

  • L'intervention requiert une hospitalisation.

  • La récupération est beaucoup plus longue qu'avec l'ablation endométriale.

  • Lorsqu'une femme subit une hystérectomie (ablation de l'utérus et des ovaries), une hormonothérapie à long terme est ensuite nécessaire.



LAPAROSCOPIE (pour extraire le tissu endométrial qui se trouve à l'extérieur de l'utérus)

Cette chirurgie a pour but d'éliminer le tissu endométrial qui s'est développé à l'extérieur de l'utérus. Ce tissu saigne durant les règles et les saignements peuvent provoquer de la douleur au niveau du bassin et de l'abdomen. Deux petites incisions sont pratiquées dans l'abdomen; on y insère deux tubes – l'un porte à son extrémité une caméra miniaturisée et l'autre, l’instrument qui sert à l’excision du tissu endométrial.

AvantageInconvénient
  • Cette intervention peut atténuer la douleur et les saignements chez les femmes qui ne répondent pas à l'hormonothérapie ni aux autres traitements médicamenteux.
  •  Bien qu'il ne s'agisse pas d'une intervention majeure, toute femme qui souffre de troubles de la coagulation devra être adéquatement préparée au moyen de concentrés de facteur VIII/FVW.



OVARIECTOPHIE (ablation des ovaires)

Le but de cette opération est d'enrayer le saignement provenant des ovaires. Ce saignement peut s'observer même si une femme

  • est traitée par hormonothérapie pour réduire la ménorragie
  • a subi une ablation endométriale ou
  • a subi une hystérectomie partielle

AvantageInconvénient
  •  Peut réduire les saignements et la douleur.
  •  L'ovariectomie est une chirurgie majeure.

  • Les femmes ne peuvent avoir d'enfants.

  • Elles doivent prendre des hormones.



DILATATION ET CURETAGE

Cette intervention consiste à racler et nettoyer la paroi interne de l'utérus. On utilise parfois cette technique pour diagnostiquer un autre problème. En revanche, les femmes qui souffrent de ménorragie n'en tireront aucun avantage pour ce qui est de réduire leurs saignements. En fait, c'est probablement le contraire qui se produira. La dilatation et le curetage délogeront les « clous plaquettaires » et les caillots de fibrine et aggraveront ainsi le saignement.